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Religion et société

L’Islam en Italie, de la communauté à la citoyenneté

La grande mosquée de Rome

Le passage de l’appartenance religieuse des migrants musulmans de la sphère privée à la sphère publique a été marqué par l’évolution de l’idée de « communauté », mise aujourd’hui en question par une nouvelle génération de musulmans

Cet article a été publié dans Oasis 28. Lisez le sommaire

Dernière mise à jour: 18/06/2019 11:04:50

Jusqu’aux années 1990, l’appartenance religieuse des migrants musulmans arrivés en Italie est restée généralement confinée à la sphère privée. C’est seulement à la suite de la recomposition des familles qu’ils ont commencé à s’organiser, manifestant publiquement leur religion. Ce processus a été marqué par l’évolution de l’idée de « communauté », mise aujourd’hui en question par une nouvelle génération de musulmans qui aspire à participer activement à la société dans laquelle elle vit.

 

Quand il est arrivé dans les valises des migrants au début des années 1980, l’Islam, ou plus précisément la pratique religieuse islamique, n’occupait pas une place centrale dans la définition des immigrés musulmans[1], qui étaient perçus et nommés sur la base de leur appartenance nationale, ou en tant que « étrangers en transit » ou encore « travailleurs temporaires ». Durant cette première phase du cycle migratoire, l’Islam était confiné dans un espace privé, entre autres parce que la grande majorité des immigrés musulmans percevaient leur permanence en Italie comme provisoire. L’ouverture des premières salles de prière au début des années 1990 représente le premier, faible témoignage de la présence de l’Islam dans l’espace public italien et ouvre la seconde phase du cycle migratoire, celle de la stabilisation des immigrés et de la réunification familiale[2]. Commençant à réaliser que leur présence était en train de se stabiliser, au cours des années 1990 certains musulmans résidant en Italie se mettent à s’organiser et à manifester leur religion publiquement, avançant des requêtes officielles aux institutions publiques, ou devenant simplement l’objet de réflexion, débat et confrontation[3]. C’est durant cette période que, dans le sillage de ce qui était survenu dans d’autres pays européens où l’Islam était présent depuis plus longtemps, les migrants d’origine islamique commencent à se voir eux-mêmes, mais aussi à être vus et nommés, selon leur appartenance religieuse, qui devient le critère indicatif de leur altérité. Ce processus s’accentue en particulier après le 11 Septembre, quand des discours anti-islamiques commencent à s’imposer à travers toute l’Europe, tandis que les Italiens découvrent que la présence des musulmans n’est plus transitoire et que l’Islam est désormais la deuxième religion du pays. Mais les années 2000 marquent surtout l’apparition d’une nouvelle génération, qui est née et qui a grandi en Italie, et qui interpelle avec une insistance de plus en plus grande la vision des pères, lesquels, eux, tendent à reproduire les manières de vivre et les codes de comportement des pays d’origine, parlent en arabe plus qu’en italien, et pensent au retour plus qu’à l’intégration en Italie. La nouvelle génération se distingue de ses pères non seulement parce qu’elle grandit dans les écoles italiennes, fréquente les universités et crée des associations, mais surtout parce qu’elle aspire de toute évidence à participer à la vie sociale et politique du pays qu’elle sent sien, et dont elle sait gérer les codes culturels et linguistiques.

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Pour citer cet article

 

Référence papier:

Bartolomeo Conti, « L’Islam en Italie, de la communauté à la citoyenneté », Oasis, année XIV, n. 28, décember 2018, pp. 54-69.

 

Référence électronique:

Bartolomeo Conti, « L’Islam en Italie, de la communauté à la citoyenneté », Oasis [En ligne], mis en ligne le 27 mars 2019, URL: https://www.oasiscenter.eu/fr/islam-en-italie-communaute-et-citoyennete.

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